Lycéens en terre inconnue 
Lycéens en terre inconnue
Sortie de l’aéroport de Phnom Penh : 35 degrés… et des toucs toucs partout. « C’est quoi ces carioles-mobylettes ? » s’étonne Dylan. Des engins stressants et hyper maniables qui se faufilent dans les rues comme un rien. « Eh bien, on y est » ajoute Dylan.
Une douche à l’hôtel et on y retourne, direction le Palais royal. Nous avons 14 heures de vol dans le corps mais nous sommes portés par l’excitation de la découverte. Nous goûtons à l’ambiance colorée des rues de la capitale et à sa multitude. « C’est fou, ne peut s’ empêcher de constater Valentin, ça bouge de partout, à droite, à gauche, devant, derrière…et tout cela avec un calme impressionnant!! »
Les murs du palais sont devant nous, premier choc visuel: cette architecture orientale est trés sculptée et colorée. Nous entrons dans l’enceinte du palais et face à nous la salle du trône, trés richement décorée, sur la droite de drôles de cônes, les stupas, monuments funéraires immenses qui enferment les cendres des membres de la famille royale ; plus loin un bâtiment attire notre attention, il ressemble à un kiosque. Deuxième choc : un autel avec des boudhas, des bâtonnets d’encens, des offrandes. On s’installe sur les nattes et là, la magie de l’endroit opère, un grand moment de zénitude nous saisit tous. On ne dit plus rien, on écoute le silence et le temps devient palpable. Chacun est centré sur son intérieur… Moment étonnant et déstabilisant, reconnait Nicolas P.
La journée avance dans les lumiéres de la ville. Promenade sur les berges du mythique Mékong. Madame Lannegrand nous évoque Marguerite Duras. Nous regardons passer les fines embarcations poussées par des perchistes. Les eaux du fleuve sont lisses et épaisses. On peut rentrer à l’hôtel, nous sommes repus et rompus.
Le lendemain s’annonce tout aussi chargé culturellement. Première étape et troisième choc : la prison S21, au Coeur de Phnom Penh. Une école transformée en centre de torture par le dictateur Polpot. Nous découvrons un site où les murs et les sols de chaque piéce parlent des humiliations et des atrocités infligées dans cet endroit. L’atmosphére est plombée, dérangeante et nous impose un silence de réflexion. Notre guide nous explique les 20 000 personnes tuées ici, dont sa mère, sa soeur, son frère et son père. Elle, elle a pu aller se réfugier en Thailande, sans se faire prendre par les Khmers rouges. On s’arrête un instant devant le tableau du réglement, il est choquant, éberluant, offusquant. « L’article qui me révolte le plus, dit Valentin c’est : « Pendant la bastonnade ou l’électrochoc, il est interdit de crier fort ». « Moi ce qui me choque, reprend Nicolas, c’est : « Il est interdit de me contester » et « Ne fais pas l’imbécile, tu es l’homme qui s’oppose à la révolution ». « C’est fou ça quand même », conclue t –il.
Avant de quitter les lieux, notre guide nous dirige vers 2 vieux messieurs, les 2 derniers survivants de la prison S21, ils sont revenus sur ce lieu de souffrance pour témoigner de sa réalité. Nous les saluons, émus et avec beaucoup de respect.
Nous laissons la prison derrière nous avec un certain malaise et en même temps avec ce sentiment d’avoir la chance de ne pas avoir connu cette barbarie, cette folie dans notre pays.
Direction le Marché central, une construction du temps où les Francais assuraient un protectorat sur ce pays. Là, quatriéme choc, alimentaire celui-ci. Aprés avoir déambulé dans les boyaux encombrés du marché, après en avoir pris plein les narines et les yeux, nous tombons sur une marchande d’insectes. Vient alors l’heure de vérité: qui va en goûter? « Monsieur Mekki, on en prend? », lance Valentin. « Et bien on y va, c’est parti ». On reluque les tas d’insectes, on laisse de côté les plus gros, cafards, blattes, sauterelles et araignées, les plus gras, vers blancs et rosés. On choisit les plus petits, des grillons et criquets. Monsieur Mekki commence par une patte de mygale, suivi d’un grillon, Gwendal enchaine avec 2 criquets, et ainsi de suite jusqu’à ce que tous ait testé, sauf Amin et Dylan. « Sûrement pas, non! En plus si là- bas ils apprennent que j’en ai mangé, je te dis pas les plaisanteries au retour » avoue Dylan et pour se défendre, il ajoute « Je n’ai pas mangé d’insectes, mais j’ai mangé des grenouilles, des pattes de poulet, le fruit pétales de cobra et cette soupe au goût trés bizarre. Et puis c’est pas dit que d’ici la fin du séjour j’y aille pas aux insectes!
Nous voici déjà le soir et nous avons rendez-vous à l’institut francais, avec son altesse royale, la princesse Sylvia Sisowath. « Nous découvrons une princesse très accessible » fait remarquer Nicolas, « et très contente de notre implication auprés des enfants de son pays ». Elle nous a dit avoir des tas de projets pour nous si nous souhaitons revenir. On ne lui a pas dit non.
Une fin de journée en douceur et encore une fois instructive puisque nous avons assisté à une conférence en anglais sur les jeunes espoirs de la photographie cambodgienne…et nous avons tout compris, à notre grande surprise.
Nous rentrons à l’hôtel, demain il faut se lever tôt.
Nous pensons à vous,
les Romorantinais du Cambodge, Valentin, Dylan, Nicolas, Amin, Andy, Quentin


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